Comment gérer la colère et les émotions

Psychothérapie pour l'agressivité et les conflits

Contrôle de la colère et des émotions, résolution des conflits

« Ce ne sont pas les événements eux-mêmes qui nous perturbent, mais la façon dont nous les percevons. »

- Épictète

Beaucoup de gens, hommes, femmes et enfants, ne parviennent pas toujours à se contrôler et explosent verbalement ou physiquement, ce qui détériore considérablement leurs relations avec leur entourage et peut même les conduire à des démêlés avec la justice. Avant de passer aux techniques de maîtrise des émotions, il est important d'analyser et de comprendre les mécanismes qui déclenchent l'irritabilité et la colère. « Compter jusqu'à dix » avant de réagir n'est pas suffisant et n'aide pas à long terme ni dans toutes les situations. Il est important de prendre conscience des « déclencheurs de la colère », ou « boutons », qui s'activent toujours dans certaines circonstances, en réponse à certains mots ou actions. Souvent, ces boutons activent des réflexes qui sont ancrés en nous depuis l'enfance et certaines situations nous « ramènent » automatiquement à d'anciens traumatismes, sans que nous en soyons conscients. C'est pourquoi la force de la réaction de colère dépasse parfois largement la force du stimulus et de la provocation. Très souvent, la colère est le résultat d'un mécontentement longtemps refoulé, par exemple. Prendre conscience de ces automatismes et de leur origine aide beaucoup à maîtriser le problème. Avant d'essayer de contrôler notre colère, nous devons essayer de la comprendre. Il est également très important de noter que contrôler sa colère et ses émotions ne signifie pas simplement « les réprimer », mais apprendre à les exprimer de manière non destructive et civilisée !

Le plus souvent, la colère n'est pas une manifestation de force et d'agressivité, mais au contraire, elle est l'expression d'un sentiment d'impuissance et de désespoir. Ce sentiment d'impuissance et de désespoir n'a pas été entendu, compris et respecté, ou n'a pas trouvé un moyen plus acceptable d'être exprimé. Les accès de colère sont souvent suivis d'un sentiment de culpabilité, de honte, de regret, de confusion et de perte d'estime de soi. La personne en colère sait généralement qu'elle s'est « ridiculisée » et se rend compte que lorsqu'elle ne parvient pas à se contrôler, elle n'inspire pas le respect, mais uniquement la peur. Il existe cependant un comportement agressif qui vise précisément à dominer et à inspirer la peur, et qui est rarement suivi de regrets et de remords. Ce type de violence doit être identifié à temps et des mesures doivent être prises, qui relèvent de la compétence des forces de l'ordre et non des psychothérapeutes. Cela ne signifie pas qu'il est impossible de travailler avec un agresseur dans le cadre d'une thérapie, mais une telle thérapie n'est possible que s'il est conscient du problème et souhaite le résoudre.

La colère en soi n'est pas une émotion « mauvaise » qui doit être définitivement éliminée de la psyché humaine. De plus, elle est liée à un certain type de tempérament qui ne peut être qualifié de « mauvais ou superflu » ! En fin de compte, la colère et l'intransigeance sont à l'origine de nombreuses révolutions et changements sociaux qui ont amélioré la vie de millions de personnes et ont constitué une réponse adéquate à une oppression et une injustice de longue date ! Il y a des guerres qui doivent être menées jusqu'au bout, tout comme il y a des conflits qui sont inévitables. La peur des conflits et le fait de « balayer sous le tapis » sont tout aussi néfastes que la colère incontrôlée. Le silence et le refus de communiquer constituent également une forme de violence qui est rarement reconnue et signalée. Et une colère longtemps refoulée peut se transformer en dépression ou en maladie somatique. La colère est problématique lorsqu'elle est fortement exagérée et disproportionnée par rapport à l'agent irritant lui-même. Dans de tels cas, il est évident que nous ne réagissons pas à ce qui se passe ici et maintenant, mais que nous réagissons en fait à quelque chose de profondément traumatisant du passé que nous n'avons pas encore assimilé, compris et surmonté.

La colère et l'irritation peuvent également être des sentiments et des réactions justifiés lors d'une nouvelle tentative infructueuse de communication, dont les deux parties sont responsables. Dans ce cas, il est bon d'entreprendre une thérapie familiale afin d'examiner les relations et les moyens utilisés par le couple pour tenter de résoudre les conflits. La thérapie familiale n'a pas pour but de préserver la famille à tout prix, mais plutôt de rétablir un dialogue de qualité afin de révéler les besoins réels de chacune des parties. En ce sens, si une thérapie familiale se termine par une séparation du couple, cela ne signifie en aucun cas un échec de la relation ou de la thérapie. On ne peut parler d'échec que lorsqu'il y a eu de longues années de souffrance et une vie commune insatisfaisante, dont les deux parties (et toutes les personnes concernées, comme les enfants, par exemple) ont souffert sans prendre de mesures pour se comprendre ou se séparer.

Il est également possible d'organiser une médiation familiale, une procédure précontentieuse de résolution des conflits qui évite de longues procédures de divorce et des guerres familiales. Cette procédure est recommandée pour les familles qui ont pris la décision de se séparer/divorcer et souhaitent que le partage des droits, des obligations et des ressources se déroule de manière relativement harmonieuse, tandis que la thérapie familiale constitue toujours une tentative de sauver et d'améliorer les relations au sein du couple. Elle ne consiste en aucun cas à prendre parti dans le conflit et à juger « qui a tort et qui a raison ». Beaucoup de couples attendent inconsciemment ce type d'arbitrage et chaque partie tente de rallier le thérapeute à sa cause ! Un bon thérapeute doit bien sûr rester neutre et impartial, car selon les principes de la thérapie familiale, le problème ne réside pas dans les personnes ou dans chacune d'entre elles individuellement, mais uniquement dans leurs relations.

La thérapie familiale ou systémique s'applique à de nombreux autres types de relations familiales et non familiales et à des problèmes liés aux enfants, aux parents, aux frères et sœurs, voire aux collègues ou à d'autres personnes avec lesquelles nous sommes liés dans un système commun d'interactions et un contexte social commun.