Au vu des idées contemporaines sur l'amour de soi, la liberté et la fête éternelle, la définition de la famille devient de plus en plus problématique.
- Le mythe du bonheur familial
Jusqu'à ce que la mort nous sépare !
Les familles à durée de vie illimitée sont de plus en plus rares et suscitent l'étonnement et l'admiration générale ! On cherche la recette de l'amour éternel. Mais une famille éternelle ne signifie pas un amour éternel, bien sûr. Dans l'histoire de l'humanité, le sens de la famille n'a jamais été le bonheur personnel. Le bonheur familial et le bonheur personnel ne se recoupent pas du tout. C'est de là que vient le malentendu. Si l'homme moderne se marie avec l'idée d'être éternellement heureux, il ne peut qu'être déçu. S'il essaie de rendre l'autre heureux et que son bonheur lui revienne comme un boomerang, cela semble plus probable. Mais allez donc convaincre quelqu'un de se préoccuper d'abord du bonheur des autres !
De plus, une famille n'a pas besoin de durer pour être réussie. La mission d'une vie à deux est en fait beaucoup plus pragmatique : élever les enfants et vieillir dignement ensemble, de la manière la plus agréable possible. Si au moins l'une de ces deux conditions est remplie, on peut considérer que la famille est réussie. Ou bien nous créerons une série de plusieurs familles réussies : avec un partenaire, nous avons élevé nos enfants, avec un autre, nous vivons notre vieillesse... et il n'y a là aucun drame ! Seule une famille où règnent la guerre et la souffrance permanentes... jusqu'à ce que la mort les sépare, peut être qualifiée d'échec !
- Le mythe de la relation idéale
Si nous nous aimons, nous ne nous disputerons jamais.
Ce mythe met fin à de nombreuses relations qui auraient pu être réussies si elles n'avaient pas été interrompues dans l'œuf. Si nous nous disputons si souvent, c'est que nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre, décide le couple moderne avant de changer de chaîne à la recherche d'un film plus romantique ! Il existe certainement des divergences insurmontables pour lesquelles il n'y a pas de remède. Il existe des divergences dans le système de valeurs qui ne mènent à rien de bon. Mais il existe aussi de simples malentendus dans la communication qui peuvent être évités. Une dispute est après tout une tentative de compréhension... même si elle est infructueuse. L'important est de travailler dans le sens où cette dispute se transforme en discussion. Passer du désir de blesser l'autre au désir de le comprendre.
- Le mythe de la violence
Il ne m'a jamais frappée.
Un homme qui ne bat pas sa femme est un bon mari. S'il ne boit pas, c'est un ange ! Ici, les critères d'une relation épanouie sont réduits au minimum. Étrangement, les femmes qui ne battent pas leur mari et ne boivent pas ne sont pas considérées comme des anges. L'agressivité verbale, les insultes, les humiliations et autres formes de violence restent difficiles à détecter et à reconnaître. L'une des formes de violence les plus difficiles à prouver est le silence, par exemple. Nous nous disputons et l'autre se tait simplement et quitte le champ de bataille. On dirait qu'il n'a rien fait de mal, puisqu'il ne frappe pas et n'insulte pas ! Mais le refus de communiquer est exaspérant ! Les cris sont une forme d'impuissance, mais le silence est sans aucun doute une forme de violence. Cela est rarement reconnu et admis.
- Le mythe de la complaisance
Le secret de l'harmonie familiale réside dans les compromis.
Le secret de l'harmonie familiale réside dans la compatibilité, c'est-à-dire la personne avec laquelle nous sommes compatibles ! Nous devons être très attentifs lorsque nous choisissons un partenaire et rechercher la plus grande compatibilité possible. Intuitivement, c'est exactement ce que nous recherchons : la compréhension et la complémentarité. Mais il est bon de ne pas se fier uniquement à son intuition, mais aussi à son bon sens. On voit tout de suite les choses sur lesquelles on ne pourra pas faire de compromis, même après des dizaines d'années de vie commune... mais au début, on les minimise. Pourquoi vivre avec des compromis si on peut vivre avec la bonne personne !
- Le mythe du sens de la vie
On vit pour nos enfants.
Nous transformons nos enfants en raison d'être ! Ils ne nous appartiennent pas, même si nous leur avons donné la vie. Une fois que nous leur avons donné la vie, elle leur appartient ! S'ils doivent être la raison d'être de quelqu'un, quelle sera alors leur raison d'être ? Une telle vie sera remplie d'un sentiment de culpabilité et d'une dette éternelle. Si l'homme moderne veut fonder une famille, il doit appartenir entièrement à cette nouvelle famille, et non à ses parents, à son frère, à sa sœur ou à tout autre membre de sa famille. L'époque des Gerats est révolue. La famille moderne a ses propres règles. Mais pour cela, elle doit être financièrement indépendante. Un jeune qui revendique une absence totale d'ingérence de la part de ses parents doit avoir son propre logement et subvenir à ses besoins matériels. Sinon, il devra accepter cette ingérence !